Par la direction du Théâtre Odéon Montpellier

Face à la campagne médiatique engagée par la mairie de Pérols pour justifier la fermeture administrative de notre établissement prononcée le 3 avril 2026, nous souhaitons apporter notre version des faits à nos spectateurs, partenaires et à la presse.


Comme à tout passage d’une commission de sécurité, certains manquements ont été relevés lors de la visite du SDIS du 1er avril, certains sont réels et nous les prenons en charge. Le système de sécurité incendie (SSI), point central de l’avis défavorable, est d’ores et déjà remis en conformité. La zone de repos signalée au premier étage, présente depuis plusieurs années sans avoir jamais été relevée lors des deux précédentes commissions de sécurité, peut être résorbée en quelques heures. Nous travaillons activement sur l’ensemble des points identifiés.

En six ans d’exploitation, plus de 360 spectacles par an, et près de 50 000 spectateurs accueillis chaque année, nous n’avons connu aucun incident de sécurité. Ce bilan ne doit rien au hasard. Notre personnel est formé aux premiers secours et à la sécurité incendie ; l’une de nos techniciennes est titulaire de la formation SSIAP, et un autre technicien passera la sienne dans deux mois, bien au-delà de ce qu’exige la réglementation pour un établissement de notre catégorie. Nous n’avons pas attendu cette commission pour agir.


Si des mises en conformité s’imposaient, rien dans la situation constatée ne justifiait une fermeture immédiate à durée indéterminée. La notion de « danger immédiat » avancée dans les déclarations publiques repose notamment sur « l’emploi de fiches multiprises » : un problème qui se règle en quelques minutes.

Par ailleurs, plusieurs des éléments cités étaient déjà présents lors des deux dernières visites de la commission de sécurité, sans avoir donné lieu à aucune observation ni alerte. Cela confirme qu’ils ne constituaient pas, jusqu’ici, un danger caractérisé pour le public.

Quant à la comparaison avec la tragédie de Crans-Montana, nous la trouvons infondée et blessante pour les victimes. Ce drame est survenu dans une discothèque, lors d’une fête avec des bougies ayant enflammé une mousse insonorisante au plafond, dans un contexte radicalement différent du nôtre. Nous sommes un théâtre. Aucun des éléments à l’origine de cette catastrophe n’a été relevé par la commission dans notre établissement. La mairie omet par ailleurs de mentionner que notre système de désenfumage est pleinement opérationnel et que toutes nos sorties de secours sont fonctionnelles, or la fumée demeure la cause principale des drames humains lors des incendies. Ces éléments essentiels auraient mérité d’être portés à la connaissance du public.


Les membres de la mairie présents lors de la commission ont demandé oralement la fermeture immédiate de l’établissement dès le 1er avril, ce que nos conseils juridiques estiment contraire à la procédure applicable. Une fermeture administrative doit en principe être précédée d’une mise en demeure. Celle-ci nous a été remise le lendemain, assortie d’un délai de 24 heures pour remédier à l’ensemble des points signalés, délai totalement irréaliste au regard des travaux impliqués.

À l’expiration de ce délai, aucun agent de la commune n’est venu constater si les mesures correctrices avaient été engagées. À ce jour, nous n’avons pas reçu le rapport de la commission du SDIS sur lequel est fondé l’arrêté, seule la mise en demeure rédigée par la mairie nous a été transmise, et c’est uniquement sur cette base que nous sommes en mesure de répondre.


C’est précisément sur ce document de la mairie que reposent plusieurs mentions que nous ne comprenons pas.

Concernant les extincteurs : lors de la visite du 1er avril, nous avons remis à la commission notre document officiel de conformité, délivré par notre prestataire certifié, attestant de la présence et du bon état des extincteurs en régie et dans l’ensemble du théâtre. Aucune remarque ne nous a été adressée à ce sujet au cours de la visite. Cette pièce n’a visiblement pas été prise en compte.

Concernant les blocs de sécurité : le devis pour leur remplacement avait été signé un mois avant la visite et produit devant la commission le jour même de son passage. L’intervention de la société d’électricité était planifiée au 20 avril, délai inhérent à son planning, une situation connue et documentée que la commission n’a pas davantage prise en compte.

Concernant le nombre de sièges : aucune modification n’a été apportée à la configuration de la salle depuis la dernière commission de sécurité. Nous ne comprenons pas l’origine de cette mention.

Nous ne comprenons pas davantage la mention de travaux sans autorisation préalable : ceux-ci ne concernent pas l’espace recevant du public (ERP) et n’ont aucun lien avec la sécurité des spectateurs.


Tout cela intervient dans un contexte que la mairie connaît parfaitement : la mairie de Pérols elle-même nous interdit tout travaux significatifs sur ce local, en raison de sa démolition prochaine, et nous devrons le quitter d’ici quelques mois. Certaines des mises en conformité exigées impliquent des investissements lourds, sans lien avec un danger immédiat pour le public, dans un bâtiment voué à disparaître. Cette réalité n’a pas été prise en compte.


Les déclarations publiques du maire contiennent plusieurs éléments que nous contestons formellement. Les prises de parole qui ont accompagné cet arrêté véhiculent des inexactitudes qui ont des répercussions immédiates et désastreuses sur notre réputation, fruit de six ans de travail, et sur la confiance de notre public, un préjudice qui vient s’ajouter aux conséquences financières de la fermeture elle-même.

Nous entendons que la mairie indique « se tenir à nos côtés ». À ce jour, nous n’avons bénéficié d’aucun accompagnement concret, ni dans la gestion de cette situation, ni dans nos démarches de relocalisation engagées depuis plusieurs mois.

Nous demandons une réouverture rapide de l’établissement, encadrée par un calendrier de mise en conformité contradictoire et réaliste, établi en concertation avec les services compétents. Chaque jour de fermeture représente des pertes considérables pour une structure indépendante comme la nôtre.

Nos conseils juridiques sont à pied d’œuvre. Nous avons la conviction que la procédure engagée démontrera ce que six ans d’exploitation sans le moindre incident attestent déjà : la sécurité de notre public a toujours été, et demeure, notre priorité absolue.


Enfin, nous savons que beaucoup de nos spectateurs s’inquiètent pour leurs réservations, cartes cadeaux et abonnements. Si dans les jours à venir nous n’obtenions pas gain de cause, nous procéderons bien entendu au remboursement intégral de chacun d’entre vous. Votre fidélité nous touche profondément, et nous mettons tout en œuvre pour vous retrouver le plus vite possible.

Nous restons à la disposition de la presse pour tout échange complémentaire.

production@odeonmontpellier.com ou votre contact habituel.

– La direction du Théâtre Odéon Montpellier